Olloy-Viroinval :

Cérémonie en mémoire de Rosa STORCK

8 mai 2010

 

 

« Extraits du journal La Gazette » 10 mai 2010

                   Lorsque Rosa STORCK naquit à Olloy (Belgique) le 21 novembre 1916 , personne n’aurait pu imaginer que la petite Rosa JACQUET , serait arrêtée à Toulouse par la Gestapo, puis exécutée dans la ville allemande de Pforzheim le 30 novembre 1944.

 

… c’est ce que nous apprîmes fortuitement lorsque Mireille Hincker, déléguée générale pour le Bas-Rhin du Souvenir Français, contacta l’administration communale de Viroinval/Olloy en décembre 2007. Sa démarche visait essentiellement à retrouver des membres de la famille Jacquet, dans l’optique de l’inauguration imminente par la municipalité de Pforzheim (Allemagne) d’une stèle érigée en mémoire des résistants du réseau « Alliance » exécutés en novembre 1944

Malheureusement, la « piste belge » était trop longue à remonter. Le monument commémoratif fut donc inauguré en janvier 2008, sans que les recherches initiées par le Souvenir Français puissent être menées à leur terme.

 

 

 En parcourant les registres de naissance du début du siècle passé, certains patronymes, peu fréquents et non représentatifs des noms de famille de notre village, attirent plus particulièrement l’attention. Il s’agit, la plupart du temps, de personnes qui ne vécurent que quelques mois ou quelques années à Olloy, avant de se fixer ailleurs, au gré des déplacements de leurs parents. Tombés dans l’oubli, il arrive cependant qu’elles surgissent de l’ombre de manière tout à fait inattendue. Le fil de l’histoire peut alors être repris révélant parfois un destin hors du commun

 

     Profondément touché par cet épisode tragique, le Cercle d’Histoire a pris la relève et a retrouvé la trace de Rosa Storck à Castelsarrasin, son point de chute présumé pendant la guerre.

 

Rosa et sa famille vécurent à Olloy de 1913 à 1919.

Son père travaillait comme employé aux carrières d’Olloy. Après des études commerciales, Rosa obtint le diplôme d’infirmière.

Le 17 décembre 1938, elle épousa Gaston Storck, ressortissant français.

     Le 10 mai 1940, les troupes allemandes attaquent la Belgique. Près de deux millions de Belges prennent le chemin de l’exode.  Rosa quitte le pays pour Castelsarrasin. Elle trouve assez rapidement un emploi d’infirmière qu’elle exercice jusqu’en août 1940 à l’hôpital Banel de Montauban.  Ensuite, elle devient      secrétaire-sténo-dactylo du colonel commandant le 3ème bataillon du génie de Castelsarrasin.

Par suite de dissolution de cette unité, elle quitte son service le 18 février 1943.

En mars 1943, elle est engagée par un certain Tajan à Toulouse.

Une petite fille, prénommée Nicole naît à Montauban le 5 mai 1942.

 

Membre du réseau « Alliance », Rosa est appréhendée par la Gestapo sur dénonciation de son employeur, un agent double.

     C’était le 12 août 1943 à 6 h30 à Toulouse. Incarcérée sur place et déplacée à de nombreuses reprises, son dernier transfert vers la prison de Pforzheim date du 25 janvier 1944.

 

 

 

 

 

     C’est précisément le 30 novembre 1944 que 26 agents de renseignements non jugés, détenus à la prison de Pforzheim, dont Rosa Storck furent sauvagement assassinés d’une balle dans la nuque. Ils furent ensuite jetés dans un cratère de bombe. Son corps et ceux de ses compagnons ont été retrouvés en mai 1945.

 La dépouille mortelle de Rosa Storck repose à la Nécropole Militaire de Strasbourg-Cronenbourg. »

 

Dans la foulée des recherches effectuées par B. Nain, président du cercle d’Histoire , la trace de sa fille Nicole a également été retrouvée. Elle vit à Bandol (Var)

     Nicole, son époux et son fils étaient présents à Olloy/Viroinval le 8 mai.

Elle raconte :

        « J’avais 15 mois quand maman a été arrêtée. Ma grand’mère maternelle –Bertha HANS-m’a élevée.

        Je me rappelle très bien d’un mot prononcé régulièrement par les membres de ma famille. Le mot « disparue » faisait partie de toutes les conversations et je l’ai retenu.

     .. quelques mauvais souvenirs m’accompagnent encore assez souvent, notamment lorsque les gendarmes sont venus frapper à la porte de la maison pour annoncer la mort de maman. Cet évènement est bien ancré en moi, croyez-moi. Cela devait être début 1945. Entre 1946 et 1947, mes proches ont reçu un colis contenant tous les effets personnels que portait maman le jour de son exécution. Ils l’ont ouvert devant moi… Cet évènement fut très douloureux et difficile à accepter… et puis s’en suivirent toutes les cérémonies commémoratives à Castelsarrazin auxquelles j’ai été régulièrement invitée avec ma grand’mère ».

 

 

Nicole remercie les autorités Belges présentes