Le maître d'école Alsacien

Paroles de Gaston VILLEMER

et Lucien DELORMEL

Musique de Ludovic BENZA (1872)

 

1

C'est dans une école d'Alsace

Où le soleil de ses rayons

Illumine toute la classe

De fillettes et de garçons.

C'est l'heure où l'on apprend à lire

Tous les enfants taisent leurs voix

Car le vieux maître vient de dire

Parlant la langue d'autrefois.

 

La patrouille allemande passe

Baissez la voix mes chers petits

Parler français n'est plus permis

Aux petits enfants de l'Alsace.

 

2

Le maître en parlant de la France

Avait des larmes dans les yeux

Sa voix enseignait l'espérance

Aux orphelins silencieux

Il leur disait: Dans vos prières

Le soir quand vous joindrez les mains

Parlez la langue de nos pères

Qui sont tombés sur nos chemins.

 

La patrouille allemande passe

Baissez la voix mes chers petits

Parler français n'est plus permis

Aux petits enfants de l'Alsace.

 

3

Enfants, vous qu'a frappés la guerre

Souvenez-vous de nos malheurs

Et que la nouvelle frontière

N'existe jamais pour vos coeurs

Les yeux tournés vers la patrie

Grandissez, l'heure sonnera

Où son âme aujourd'hui meurtrie

Vers elle vous appellera.

 

La patrouille allemande passe

Baissez la voix mes chers petits

Un jour la langue du pays

Nous la parlerons dans l'Alsace.

 

 

 

 

 

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine

Paroles de Gaston VILLEMER

et Henri NAZET

Musique de BEN TAYOUX (1871)

 

France à bientôt ! Car la sainte espérance

Emplit nos coeurs en te disant : adieu,

En attendant l'heure de délivrance,

Pour l'avenir... Nous allons prier Dieu.

Nos monuments où flotte leur bannière

Semblent porter le deuil de ton drapeau.

France entends-tu la dernière prière

De tes enfants couchés dans leur tombeau ?

 

Refrain

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,

Et, malgré vous, nous resterons français.

Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre coeur vous ne l'aurez jamais.

 

Eh quoi ! Nos fils quitteraient leur chaumière

Et s'en iraient grossir vos régiments !

Pour égorger la France, notre mère,

Vous armeriez le bras de ses enfants !

Ah ! Vous pouvez leur confier des armes,

C'est contre vous qu'elles leur serviront,

Le jour où, las de voir couler nos larmes,

Pour nous venger leurs bras se lèveront.

 

Refrain

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,

Et, malgré vous, nous resterons français.

Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre coeur vous ne l'aurez jamais.

 

Ah ! Jusqu'au jour où, drapeau tricolore,

Tu flotteras sur nos murs exilés,

Frères, étouffons la haine qui dévore

Et fait bondir nos coeurs inconsolés.

Mais le grand jour où la France meurtrie

Reformera ses nouveaux bataillons,

Au cri sauveur jeté par la patrie,

Hommes, enfants, femmes, nous répondrons

 

Refrain

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,

Et, malgré vous, nous resterons français.

Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre coeur vous ne l'aurez jamais.

 

 

 

Petit papa c'est donc la mi-Carême,
Et te voici déguisé en soldat.
Petit papa, dis moi si c'est pour rire,
Ou pour faire peur aux tous petits enfants. )bis

Non non ma fille, je pars pour la Patrie,
C'est un devoir où tous les papas s'en vont.
Embrasse moi petite fille chérie,
Je rentrerai bien vite à la maison. )bis

Dis moi maman, quelle est cette médaille,
Et cette lettre qu'apporte le facteur ?
Dis moi maman, tu pleures et tu défailles,
Ils ont tué petit père adoré. )bis

Oui mon enfant, ils ont tué ton père,
Pleure
avec moi, car nous les haïssons.
Quelle guerre atroce qui fait pleurer les mères,
Et tue les pères des petits anges blonds. )bis

La neige tombe aux portes de la ville,
Là est assise une enfant de Strasbourg.
Elle reste là malgré le froid, la bise,
Elle reste là malgré le froid du jour. )bis

Un homme passe, à la fillette donne,
Elle reconnaît l'uniforme allemand.
Elle refuse l'aumône qu'on lui donne,
A l'ennemi elle dit bien fièrement : )bis

Gardez votre or, je garde ma puissance,
Soldat prussien, passez votre chemin.
Moi je ne suis qu'une enfant de
la France,
A l'ennemi je ne tends pas la main. )bis

Tout en priant sous cette cathédrale,
Ma mère est morte sous ce porche écroulé.
Frappée à mort par l'une de vos balles,
Frappée à mort par l'un de vos boulets. )bis

Mon père est mort sur vos champs de batailles,
Je n'ai pas vu l'ombre de son cercueil.
Frappé à mort par l'une de vos balles,
C'est la raison de ma robe de deuil. )bis

Vous avez eu l'Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des millions d'étrangers.
Vous avez eu Germanie
et Bohème,
Mais mon p'tit coeur vous ne l'aurez jamais,
Mais mon p'tit coeur il restera français. )bis

La Strasbourgeoise