Région touristique, la Forêt-Noire a aussi abrité plusieurs camps de concentration dans les années noires du nazisme.

 

Roger Souchal, né à Saint-Dié il y 85 ans, déporté à 18 ans et seul survivant des camps de concentration de Kinzigdamm et de Haslach-Vulkan, a accompagné une soixantaine de membres de la délégation bas-rhinoise du Souvenir Français.

Mireille Hincker, déléguée générale, a tenu à ce que celui qui entra dans la résistance vosgienne à 16 ans et qui devint avocat et homme politique par la suite, puisse exposer son engagement gaulliste dans le maquis du Rabodeau et de Viombois ainsi que son arrestation en octobre 1944 à Moussey.

Heinz Winkler, maire de Haslach, a accueilli les Français dans une salle du musée régional, en compagnie de Soeren Fuss, l’historien et enseignant qui a œuvré pour sauvegarder la mémoire des camps où 1 700 déportés de 19 pays, venant des camps de Natzweiler-Struthof et Schirmeck ont souffert et où beaucoup sont morts. Roger Souchal était déjà venu en 1998, lors de l’inauguration du monument, une croix réalisée à partir des rails de fer sur lesquels circulaient des wagonnets remplis de minerai extrait pour l’industrie de guerre par les déportés. Épuisés par les conditions épouvantables, du travail dans des mines.

 

 

 

«Mon père qui m’attendait à la gare de Saâles ne m’a pas reconnu»

L’ancien résistant, interné au camp de Schirmeck avant son transfert en Forêt-Noire, a passionné l’auditoire par son récit historique, précis et profondément humains: « Parfois les déportés trouvaient des pommes ou des patates laissées par des gens de Haslach… Quand je suis rentré du camp, mon père en gare de Saâles ne m’a pas reconnu, j’étais champion de cross-country de Lorraine avant et j’avais 75 kilos, là j’en avais plus que 37 […] En 2002, ici à Haslach, j’ai été très ému par un jeune paralysé allemand qui nous a remerciés, nous les résistants déportés en disant « sans ce que vous avez fait contre les nazis, je n’aurais pas le droit de vivre aujourd’hui ».

 

Roger Souchal a aussi salué la Strasbourgeoise Nénette (Jeanne) Landmann qui avait pris le risque de le ravitailler en 43 dans le maquis des Vosges, alors qu’il se cachait avec des parachutistes anglais.

Avant de se rendre au Mémorial Vulkan dans la forêt, les visiteurs ont fait une halte au cimetière de Haslach. D’abord devant la tombe du commandant Hubert Monraisse, (mort à 35 ans en octobre 1944 alors que son avion de chasse venait d’attaquer un train en gare de Haslach) sur laquelle l’Association Nationale des Officiers de Réserve de l’Armée de l’air (ANORAA), déposa une gerbe.

Ensuite devant une tombe collective, celle de 75 déportés non identifiés devant laquelle le père Joseph Dietrich, 89 ans et ancien incorporé de force, sut aussi trouver des paroles de spiritualité et de paix.

En savoir plus : www.gedenkstaette-vulkan.de

Les porte-drapeaux bas-rhinois du Souvenir Français encadrent le résistant déporté Roger Souchal sur le site de mémoire du camp Vulkan à Haslach im Kinzigtal. Document remis