DNA/REGION du 24 décembre 2010

 

 

 

Hommage à la résistante
Rosa STORCK

 

Grâce à la persévérance du Souvenir français et d'un historien belge, un hommage a été rendu récemment par la municipalité de Pforzheim il la résistante Rosa Storck, exécutée à l’âge de  28 ans le 30 novembre 1944.

"De tout temps, des hommes avides de pouvoir ont semé la haine, la désolation dont les peuples ont subi les conséquences et payé de leur vie, d'un côté comme de t'autre.» La voix de Nicole Jacquet-Lafon résonnait sous les arbres de la forêt enneigée de Pforzheim. Devant une centaine de personnes dont le maire Gert Hager et une cinquantaine de délégués bas-rhinois  du Souvenir Français, la fille de la résistante continue: "Je remercie tous ceux qui ont collaboré pour que cet hommage soit rendu à ma mère, Rosa Storck, en terre allemande, Puisse cet exemple être porteur de paix entre les peuples."

 

Venus du Var, Nicole, son mari Guy Lafon et leur petite-fille Cassandre s'étaient recueillis la veille sur la tombe de leur proche  à la nécropole militaire de Strasbourg-Cronenbourg. Ultime étape pour Rosa, née en Belgique, dans un village à la frontière franco-belge, A 24 ans, la jeune femme avait quitté son pays, envahi, pour le sud de la France. A 27 ans, elle mettait ses compétences au service du réseau Alliance dans le secteur Toulouse-Castelsarrasin,

 

Sous le nom de V 12, elle collectait des renseignements d'ordre militaire pour les transmettre à l'Intelligence Service. A 28 ans, dénoncée par son patron, un Français à la solde des nazis, elle est emprisonnée à Toulouse, Lyon, Fresnes puis en Allemagne à Pforzheim où elle est exécutée en forêt avec 24 autres résistants, âgés de 21 à 68 ans. Suivant le décret "Nacht und Nebel", leurs corps, laissés sans sépulture devaient dlsparaitre.

En 2008, la municipalité de Pforzheim, décide d'ériger une stèle commémorative près du lieu de l'exécution des résistants du réseau Alliance. Lors de la cérémonie, une délégation du Souvenir français du Bas-Rhin est présente. Mireille Hincker, sa déléguée départementale, avait été sollicitée pour reconstituer les parcours des condamnés: «Un travail de fourmi mais quelle émotion pour ceux qui venaient pour la première fois sur le lieu de détention et d'exécution des leurs !» Un regret: il manque deux photos accompagnant les noms des résistants sur la stèle.

Destin tragique reconstitué

L'an dernier, la petite-fille du résistant Pierre Dayne, ayant vu sur internet la cérémonie organisée à Pforzheim avec le Souvenir français, transmet une photo. La municipalité allemande organise une nouvelle cérémonie à laquelle participe le Souvenir français. Restait le cas Rosa Storck ... Mireille avait écrit en Belgique mais il faudra l'énergie de Bernard Nain, de la société d'histoire locale d'Olloy pour qu'en six mois, le destin tragique de Rosa soit reconstitué. Et que sa fille Nicole soit retrouvée, avec la précieuse photo.

 

 

Un patient jeu de piste auquel la société généalogique du Tarn-et-Garonne, le service d'archives municipales de Pforzheim dans le Bade-Wurtemberg, contribuent grâce à "Internet qui facilite bien les choses!" selon Bernard, venu assis­ter à la cérémonie avec deux autres Belges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant la stèle et les couronnes  de fleurs , la famille de la résistante n'était pas seule. En plus de la fanfare et sa musique de circonstance, il y avait aussi quatre collégiens de l'Osterfeld-Realschu!e qui, en français et en allemand, ont évoqué le parcours de Rosa Storck. C’est le Pasteur Ade qui à l'âge de 10 ans (il allait en forêt avec sa grand'mère pour chercher du bois mort) a découvert le charnier ce qui a permis aux autorités des Forces françaises à procéder à l'exhumation. « La population devait être présente et avec ma mère, j'ai assisté à l'exhumation de corps .... »

 

Aujourd'hui pasteur retraité, il a œuvré avec Jürgen Schrott habitant Pforzheim comme lui, pour que ce drame ne soit pas oublié. Quant à l'accueil, offert à la délégation du Souve­nlr Français, aux invités et proches de Rosa, ce fut l'affaire d’Herbert Richter. Ce chef d'entreprise de Pforzheim, offi­cier  de l'ordre national du Mérite, s'est vu remettre la mé­daille de bronze du Souvenir français des mains de Mireille Hlncker. Retrouver le visage de la courageuse Rosa Starck, une aventure collective et européenne. .

Marie Brassart-Coerg